Marionnettes et cinéma / LA TRÈVE / Lycée du Vimeu – Friville-Escarbotin

Durant 5 jours, les élèves de troisième prépa pro, leur enseignante Virginie Iriarte Arriola du Lycée du Vimeu à Friville-Escarbotin et moi même, avons réalisé 3 courts métrages intitulés :

Le Repas     –     Le Sapin     –     Le Match

  • La genèse du projet :

Précédent mon intervention, les élèves ont rencontré Luc-Vincent Perche qui est un marionnettiste. Ensemble ils ont abordé la question de la mise en scène par le biais de la marionnette à doigts illustrant des soldats avec un masque à gaz.

Suite à la manipulation de ces marionnettes, ensemble, ils ont décidé d’évoquer un passage important de l’histoire de la première guerre mondiale qui n’est autre que la trêve de Noël 1914 et d’un match de foot réunissant les deux armées, française et allemande.

En plus de la manipulation, les enfants ont aussi réfléchi, pensé et construit des décors et des textes pour assoir leur histoire et la raconter au public.

Suite à l’intervention de Luc-Vincent je suis intervenu pour créer un film avec les élèves en partant de toutes ces idées.

  • L’écriture :

Avec les élèves nous avons décidé de garder comme base scénaristique l’illustration de la trêve de Noël. La classe étant un grand groupe nous avons pris la liberté d’étendre le sujet à d’autres moments imaginaires de la trêve et ainsi de créer 3 groupes :

– La préparation d’une fête autour d’un repas

– La construction d’un sapin de Noël

– Un match de foot entre les deux armées.

Ecrire un film, si petit soit-il, impose certaines étapes qu’il a été intéressant de transmettre aux élèves. Afin d’organiser leurs pensées et leurs envies, chaque groupe a synthétisé son histoire par une simple phrase, ils ont découvert ce qu’était un synopsis. Ensuite ils ont écrit un séquencier qui énumérait dans l’ordre chronologique les actions et les décors. Pour terminer nous avons passé beaucoup de temps à l’écriture des dialogues et de la voix off.

Une fois leurs histoires constituées, ces jeunes réalisateurs en herbe ont confectionné un dépouillement, référençant ainsi dans les moindres détails les objets, décors et autres costumes dont ils auraient besoin.

décors / Friville-Escarbotin

Cette phase d’écriture a duré une journée et demi.

  • Le décor :

Avec le travail qu’avait mené Luc-Vincent, les élèves avaient déjà acquis cet esprit de projection dans des décors fait de bric et de broc. Il était donc aisé pour moi de continuer dans cette démarche et de reconstituer avec eux un décors de guerre « fait maison ».

Nous avons aussi pris une autre liberté : utiliser des marionnettes montées sur bâtonnets. Après plusieurs essais vidéo nous avons eu du mal à intégrer l’idée des marionnettes à doigts dans l’espace restreint que nous avions décidé de dédier pour le filmage.

Nous avons décidé qu »il y aurait un décor commun aux trois équipes. Ce décor serait constitué d’un simple sol recouvert de terre ramenée de la cour de récréation et d’un ciel nuageux imprimé sur des feuilles A3 photocopiées; ensuite, libre à chaque équipe de construire avec papiers, feuilles, cartons et ciseaux leurs petits éléments manquants.

décors décors

De même les personnages seraient identiques aux 3 groupes : Un soldat avec un masque à gaz, bleu pour les français, vert pour les allemands (pour rappeler l’idée qu’avaient eux les élèves et Luc-Vincent lors de l’atelier Marionnette à doigts).

La phase d’élaboration et de construction des décors a duré une journée.

  • Le tournage

Les tournages se sont étalés sur une journée et demie, soit une demie journée par groupe. Pendant qu’un groupe tournait, un autre améliorait les textes, répétait les dialogues, peaufinait les décors…

L’espace filmé pour chacun des films étant deux simples tables de cours collées l’une contre l’autre avec, en fond collé contre le mur, des parties de ciel photocopiées, il n’a donc pas été compliqué de décider où placer la caméra avec les élèves. Avant de commencer nous nous sommes posés des questions de cinéma telles que : « quelle ambiance générale voulez vous pour votre film ? A quel moment précis de la journée cela se déroule t il ?« . Ces questions ont influencé l’aspect colorimétrique générale de leur production et ils ont appris à faire et choisir une balance des blancs, et à quel point l’atmosphère changeait d’une lumière/couleur à une autre.

image2.1 copie

Placement de la caméra, notion de champs contre champs, annonce pour lancer et arrêter la caméra, réalisation de la mise au point… tel était le programme lors des réalisations.

Chaque film présente plusieurs décors, les élèves avaient donc au préalable bien organisé sur des tables séparées les différentes scènes avec les objets présents dans ces dernières. Pendant qu’une partie du groupe tournait l’autre préparait la scène à venir et cette mécanique une fois bien huilée a permis de ne pas se laisser emporter dans un timing effréné.

image3

Afin de rester maitre du rythme de leur film un élève était le garant de la narration du film et lisait en permanence pendant la prise de vue soit le texte de la voix off soit les dialogues.

À la fin des journées de prise de vue nous organisions une vision de rush permettant ainsi aux élèves de se projeter dans un réalisme cinématographique et de dépasser la vision de cette table recouverte de terre et des photocopies de ciel qui pouvaient paraitre parfois mal agencées. Lors des visions de rush un élève par groupe faisait partager le contenu des plans et racontait ces derniers au fur et à mesure au reste de la classe pour faire partager l’histoire qu’ils venaient de tourner ensemble.

  • Prise de son et postproduction

La dernière phase de production réalisée avec les élèves a été la captation sonore : bruitage, voix off, dialogue, ambiance, etc. Tout comme pour le décors, les élèves ont réalisé un dépouillement sonores rassemblant tout ce dont le film avait besoin du point de vue du son. Lorsque les sons ne pouvaient être enregistrés en classe, je me chargeais de les trouver sur internet et et de leur faire écouter (ex: le bruit d’un champs de bataille…).

Les élèves ont donc enregistré des bruits de claquements de ballons (Le match), de vent (commun au trois films), de bazar métallique qui créé des cliquetis (pour sonoriser les objets décoratifs transportés dans une boite dans Le Sapin), des bruits de pas dans l’herbe (Le repas)…

prise de son

Lors de l’enregistrement des voix, nous nous réunissions groupe par groupe dans la salle de classe au calme et nous répétions jusqu’à obtenir ce que nous estimions être le mieux pour le film.

Les enfants ont réalisé les prises de son à l’aide d’un micro Zoom H4.

Comme le montage est toujours une phase délicate avec un si grand groupe et dans un temps si restreint, je me suis limité à la vision de rushes en classe. Ensemble nous avons donc écouté des musiques, musiques que j’ai fait figurer ensuite dans les montages finaux.

 

 

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